De nombreux cavaliers rêvent d’avoir leur propre selle. Une selle adaptée à leur discipline favorite, confortable pour leurs petites fesses et qui, par miracle, va améliorer leur position (ou pas) 😂, mais qu’en est-il du confort du cheval ? Mal de dos, peu de musculature, réticence au sanglage sont autant de signes qui peuvent indiquer une selle mal adaptée. Discipline, confort, esthétique… Nous allons voir dans cet article comment bien choisir sa selle pour vous et votre cheval.

Imaginez que vous marchez avec des chaussures trop petites ou trop grandes… cela n’est pas confortable et même parfois douloureux. Pour votre cheval c’est pareil, une selle mal adaptée va créer des zones de pression. Les conséquences sont plus ou moins graves : inconfort, gêne pour effectuer un exercice, boiterie, mal de dos… A long terme, ces éventuelles compensations peuvent générer des problèmes ostéo-articulaires.

Pour le cheval comme pour vous, le choix de la selle est important afin de préserver son dos et son confort au travail. Sachez que la meilleure selle est celle où l’on se sent bien.

Choisir sa selle en fonction de sa discipline favorite

Il existe autant de selles que de pratiques équestres. Une selle adaptée au cavalier est une selle qui vous aidera à obtenir une bonne position d’équitation. C’est-a -dire qui minimisera vos défauts : jambes trop en avant, remontées, effet essuie-glace (manque de fixité), cambrure du dos…). La taille du siège dépend également de la taille de votre popotin. Elle se mesure en pouce : 17,5 pouces est une taille standard par exemple.

Vous êtes un cavalier de CSO

On choisira plutôt un modèle orienté obstacle. C’est à dire une selle qui va maintenir la jambe lors du franchissement des barres grâce à des taquets avant et arrière. Le siège est plat ou semi-creux pour faciliter la position en équilibre. Les quartiers sont orientés vers l’avant pour éviter que les genoux ne dépassent lorsque les étriers sont chaussés court.

Vous êtes un cavalier de dressage

Le siège sera creux avec des quartiers longs pour favoriser une position « assise » et la descente des jambes. Le sanglage sera plus bas afin d’augmenter le contact entre le cavalier et sa monture.

Vous pratiquez la randonnée

C’est le confort qui prime. Donc on optera pour un siège large avec des matelassures qui permettent une bonne répartition du poids du cavalier.

Vous variez les disciplines

Une selle mixte permettra de pratiquer de nombreuses disciplines. Le siège large et semi-creux sera suffisamment confortable pour le plat et la balade. Les quartiers seront orientés vers l’avant pour aider à l’obstacle.

Une fois que vous aurez choisi votre modèle de selle, je vous conseille de regarder la morphologie de votre cheval pour déterminer la marque à choisir. En effet, certains modèles ne vont pas pour des garrots hauts ou des dos larges etc… Des professionnels « sadle fitter, « selliers » peuvent vous orienter vers un modèle de selle en venant constater la conformation et l’état corporel de votre cheval préféré. Ensuite, le mieux est de pouvoir tester plusieurs marques pour affirmer ses préférences et constater le moelleux du cuir.

Comment savoir si ma selle est adaptée à mon cheval ?

Bon ça y est j’ai trouvé ma selle c’est super, mais comment savoir si elle est correspond à mon cheval ?

Des professionnels peuvent encore une fois vous aider mais en attendant, voici quelques astuces pour vous débrouiller seuls.

Ici la selle est un peu trop en avant, les matelassures ne semblent pas en contact et sangles + étrivières ne sont pas perpendiculaires

8 tests pour vérifier sa selle

Après avoir fait des recherches, je vous ai concocté 8 tests simples pour savoir si votre selle est adaptée. Les premiers s’effectuent sans tapis sur un cheval non sanglé, les suivants sur cheval sanglé, ensuite sur un cheval au travail et pour finir le dernier test se fera après le travail. Attention, le texte qui suit requiert quelques notions d’anatomies 😉

Sans tapis, au naturel, non sanglé

1) Colonne vertébrale libérée

Poser la selle sur votre cheval, sans tapis, placez-la au milieu du dos, ni trop sur les épaules ni trop sur les reins. Ne pas sangler.

La colonne vertébrale doit être libérée…délivrée 👸🏼🎶. Pour cela, assurez-vous qu’il y a un espace suffisant (8 à 10 cm) entre les panneaux. (Vue de derrière)

Le garrot ne doit pas être comprimé, toute la zone autour doit être dégagée. On doit pouvoir passer 3 doigts entre le garrot et le pommeau et plus si le garrot est bas. Le garrot doit aussi être libéré latéralement.

2 ) Selle équilibrée

Le troussequin et le pommeau doivent se situer à la même hauteur. Lorsque l’on appuie sur le centre de la selle, ni l’un ni l’autre ne doit se soulever. Les panneaux doivent être entièrement au contact avec le cheval de manière régulière. De même, la selle ne doit pas pencher d’un côté ou de l’autre.

Le centre de gravité doit se trouver au milieu de la selle et le milieu de la selle doit être parallèle au sol. Pour vérifier cela, on peut faire le test du crayon que l’on fait rouler : Le crayon doit se stabiliser au niveau du milieu de la selle.

Enfin, les matelassures doivent être suffisamment larges pour mieux répartir le poids du cavalier.

3) Longueur adaptée

La selle doit s’arrêter avant les lombaires, sinon cela signifie qu’elle est trop longue. Certains chevaux ont un dos court, d’autres un dos long, dans tous les cas la selle ne doit pas dépasser la dernière côte.

4) Selle symétrique

La selle ne doit pas avoir de défaut qui gênerait la symétrie ou causerait une pression. Inspectez soigneusement le dessous de la selle pur détecter des éventuelles bosses ou creux non désirables. Aussi, vous pouvez constater les problèmes de symétrie avec les tâches de transpiration après le travail ou même confectionner un « tapis de pâte » pour vérifier les éventuels points de pression => recette sur le blog de Vision Equine.

Sur cheval sanglé

5) Orientation perpendiculaire de la sangle et des étrivières

Les contre-sanglons, la sangle et les étrivières doivent être perpendiculaires par rapport au sol. La sangle doit se positionner une main derrière le coude du cheval.

En selle

Utilisez un simple tapis sans amortisseur afin de réaliser ce test pendant votre séance montée.

6) Epaules libérées

On doit pouvoir glisser la main sous l’épaule du cheval. L’arcade doit laisser l’épaule libre et ne pas gêner les mouvements des trapèzes et muscles dorsaux. Les pointes de l’arcade doivent se placer derrière les pointes de l’omoplate. La selle ne doit pas bloquer l’épaule ou gêner le mouvement. Essayez de ressentir si votre cheval a autant d’amplitude avec sa selle et sans.

7) Selle qui reste à sa place

La selle doit rester à sa place (au milieu du cheval), ni sur les épaules ni sur le rein. Le cavalier, lui, doit se situer au centre de la selle.

Après le travail

8) Les traces de transpiration

Les traces de transpiration sont des bons indicateurs pour vérifier les zones de compression. Elles doivent être parfaitement symétriques de chaque côté et la colonne vertébrale doit être sèche (ce qui signifie qu’elle n’est pas comprimée)

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Ici on peut voir les zones qui ne sont pas en contact avec la selle (zones blanches). La colonne vertébrale est bien libérée (sauf au niveau du garrot = compression). En effet, la selle a tendance a glisser sur les épaules.

Avec la musculature, l’état corporel, la croissance, je recommande de vérifier régulièrement si la selle est toujours adaptée. Si votre cheval change souvent de conformation, les modèles en laine et avec arcade interchangeable sont plus facilement adaptables et moins onéreux. Votre Sadle Fitter pourra refloquer votre selle (remettre de la laine), rembourrer les panneaux ou changer l’arcade selon les situations.

De mon côté, ma jument étant jeune, et encore en croissance quand je l’ai achetée, j’ai opté pour cette solution qui permet d’adapter la selle sans avoir à en changer et donc de faire des économies. Par contre Belladonna change énormément entre les différentes saisons. Elle peut prendre du poids facilement au printemps et en été. Adapter sa selle est donc un vrai casse-tête pour moi. En effet, je dois changer l’arcade très régulièrement pour m’adapter à sa morphologie.

Et l’amortisseur dans tout cela? Utile ou pas? En fait, lorsque la selle est bien adaptée, on n’en a pas besoin et c’est même contre-indiqué.

On s’en sert plutôt pour compenser une selle pas tout à fait adaptée. Dans ce cas, il faut veiller à en prendre un qui dégage bien la colonne vertébrale.

Quel budget pour ma selle

Si l’on privilégie le confort du cheval, il faut compter minimum 550 euros pour une selle en synthétique neuve. Les selles en dessous de ce prix sont souvent de mauvaise qualité. De même pour le cavalier comme pour l’animal, il vaut mieux une bonne synthétique qu’une cuire médiocre. Une selle haut de gamme peut vite dépasser les 2500 euros. Pour les budgets conséquents, on peut viser le sur-mesure tout en sachant que des retouches seront à prévoir puisque le cheval change. De mon côté je préfère regarder les bonnes occasions en vérifiant que la selle n’a pas été endommagée.

Et voilà vous savez maintenant comment choisir une selle et vérifier si elle est adaptée. Croyez-moi une bonne selle, où l’on se sent bien ça change tout ! Et vous, quelles sont vos expériences ?

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