Au dicton « Pas de pieds, pas de cheval » on peut ajouter « pas de dos, pas de cheval ». Il ne faut pas oublier que votre fidèle destrier, en plus de fournir un effort sportif, doit supporter le poids de son cavalier. La santé et le bon fonctionnement de son dos sont donc primordiaux en équitation.

De l’équipement à l’attitude au travail en passant par l’échauffement et les étirements, nous vous proposons 7 gestes simples à adopter pour préserver le dos de votre cheval.

1) Adapter le travail à ses capacités physiques

Un cheval jeune ou peu musclé ne devrait pas être monté. Son dos n’est pas adapté pour supporter du poids et cela risque d’entrainer des lésions ostéo-articulaires, retard de croissance et autres dégâts importants. Il faudra donc attendre la fin de la croissance pour commencer le travail monté.

Patience… est de rigueur, mais ne vous inquiétez pas car il y a plein d’autres choses sympa à faire avec son poney comme la création du lien, d’une relation de confiance ou encore l’éducation, la désensibilisation…

En attendant le développement du squelette et/ou de la musculature on peut s’exercer au travail à pieds et à la création du lien 💚

Que ce soit pour une activité à pieds ou monté, le rythme du travail et l’intensité doivent être progressifs et s’adapter en fonction de l’état du cheval (fatigue passagère, gros travail la veille), sa condition physique (musclé, démusclé, entraîné, reprise de travail…), son âge et son expérience.

2) Avoir un matériel adapté

En premier lieu, on vérifie que les équipements n’occasionnent pas de gênes ou de douleurs. C’est la base mais on voit encore tellement de cavaliers qui utilisent du matériel inadapté !

On veille à ce que la selle soit adaptée à la morphologie de son équidé, bien dégarrotée, laissant la colonne vertébrale libre etc. Il est possible que votre cheval change (prise de poids, croissance, musculature…), c’est pour cela qu’il vaut mieux vérifier ses équipements régulièrement afin de voir si c’est toujours conforme.

👉 Découvrez notre article pour voir si votre selle est adaptée

Le filet doit être correctement ajusté. Si vous utilisez un mors, vérifiez qu’il soit à la bonne taille et qu’il ne provoque pas de douleur au niveau de la bouche du cheval. Idem si c’est un licol ou harnachement sans mors, tout doit être confortable pour votre bourrique préférée. C’est nécessaire pour travailler dans la décontraction.

De même, pour travailler dans des conditions adéquates, les dents auront été vérifiées au préalable et on s’assurera que les pieds sont sains et fonctionnels afin de limiter les éventuelles compensations.

3) Utiliser un montoir

Préserver le dos de son cheval passe également par l’utilisation d’un montoir. Se hisser à cheval est une opération délicate pour le cheval qui subit la totalité du poids du cavalier sur un seul côté et des torsions répétées sur sa colonne vertébrale. C’est d’ailleurs pour cela que l’on voit beaucoup de chevaux dans l’inconfort qui « bougent » et se « crispent » lors de cette étape sensible.

Afin de protéger le dos de votre cheval, il est conseillé de vous munir d’un montoir et d’apprendre à vous asseoir avec légèreté sur votre selle tout en essayant de répartir au mieux votre poids. En réduisant la hauteur qui vous sépare de votre monture, grâce à gros cube en plastique, un tronc d’arbre, un escabeau ou autre… vous limitez l’impact sur la colonne vertébrale et les muscles dorsaux.

Pour cela, apprenez à votre cheval à rester immobile au montoir via différents exercices. Lors des premières séances, récompensez-le en descendant immédiatement lorsqu’il s’est bien comporté.

Traditionnellement, les cavaliers montent du côté gauche, mais pourquoi ?

Cette coutume vient du port de l’épée à l’époque des chevaliers. Ce temps étant révolu, il n’y a plus vraiment de raison valable de monter toujours du même côté. Alors, n’hésitez pas à alterner les deux sens (uniquement sur un cheval habitué et désensibilisé si vous ne voulez pas finir par terre 😉 )

En utilisant un montoir et en vous hissant correctement sur votre monture, non seulement vous protégerez votre cheval mais aussi votre selle !

4) Avoir une bonne position

Parce que la position du cavalier est essentielle pour ne pas gêner son cheval au travail, on veillera à se rapprocher de la perfection. Rappelez-vous, avoir un cavalier sur le dos est loin d’être naturel pour lui.


👉 Nous vous conseillons de lire notre article sur la position du cavalier.


Ce dernier doit veiller à être stable et à bien accompagner le mouvement de son cheval avec son assiette. Ses mains sont fixes et suivent la bouche du cheval… Il évite tout mouvements inutiles ou contradictoires afin de ne pas perturber son cheval.

En plus d’avoir une bonne position, le cavalier doit aussi être décontracté, claire dans ses demandes, à l’écoute et savoir récompenser de manière très réactive dès qu’il obtient une once de résultat.

5) Faire une bonne détente

La détente permet de préparer le corps à l’effort en l’échauffant progressivement pour éviter d’éventuelles blessures. Son but est également de rendre son cheval apte à effectuer les exercices demandés en cherchant progressivement l’impulsion, la rectitude et l’équilibre.

L’échauffement est une étape obligatoire. Il doit être progressif et préparer à la séance qui va suivre. Les muscles, tendons ligaments et articulations vont être sollicités peu à peu, toujours de manière graduelle.

🐴 Il est recommandé de marcher au pas pendant au moins 10 minutes rênes longues puis 5 minutes en travaillant avant de commencer à l’allure supérieure.

Les chevaux qui ont des douleurs dorsales galoperont avant de trotter.

Pendant la détente on commencera sur la ligne droite puis les grands cercles avant de faire des courbes plus serrées. Ce n’est qu’une fois le cheval suffisamment détendu aux 3 allures que l’on pourra commencer les exercices plus soutenus.

6) Une attitude juste et un travail varié

Rappelez-vous, je vous ai dis plus haut que porter un cavalier n’était pas une chose naturelle pour un équidé ? Et bien c’est vrai, malheureusement… Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le cheval n’est pas fait pour porter 🙈. En effet, sa colonne vertébrale s’affaisse sous le poids, causant des douleurs et des lésions ostéo-articulaires à plus ou moins long terme. Vous avez surement déjà vu ces chevaux qui creusent le dos, avec une tête haute et des postérieurs à la traîne ? Cette attitude est délétère pour leur intégrité physique.

Alors, que faire ? Faut-il arrêter de monter à cheval ?

Il y a plusieurs solutions :

  • Soit l’on considère que monter à cheval n’est pas naturel et on arrête le travail monté pour se consacrer au travail à pieds.
  • Soit on apprend au cheval à nous porter dans une attitude correcte sans se faire mal au dos.

Imaginez que vous êtes à 4 pattes avec quelqu’un sur le dos. Avec un dos creux, vous allez vous faire mal mais en contractant vos abdominaux de sorte que votre dos remonte et s’arrondisse cela sera beaucoup moins désagréable car votre gainage va vous aider à supporter le poids.

🐎A cheval c’est pareil, on va devoir apprendre au cheval à remonter et à arrondir son dos par la contraction des abdominaux et la tension de la ligne du dessus.

Le travail est particulièrement long et fastidieux. En fait c’est le but ultime de tous les cavaliers confirmés. Le mieux étant de commencer par le travail à pieds, tant que le cheval n’a pas développer suffisamment de musculature. Il se fait en 3 étapes :

  1. Pour commencer, le cheval doit être décontracté et disponible mentalement, on va lui demander de contracter ses abdos grâce à l’engagement des postérieurs (poussée des postérieurs)
  2. Ensuite, on va lui demander d’étirer sa ligne du dessus par une extension d’encolure. Il s’agit d’un étirement qui consiste à tendre l’encolure vers l’avant et vers le bas.

3. Enfin, on relève progressivement la base de l’encolure tout en maintenant un dos tendu pour reporter l’équilibre sur les hanches.

👉 Découvrez prochainement notre article sur l’attitude juste pour savoir comment faire en détails.

L’avantage avec une extension d’encolure bien faite, (en conservant l’activité des postérieurs) c’est que l’on vient étirer la ligne du dessus du nez à la queue en libérant les processus épineux de la colonne vertébrale, ce qui est très bénéfique pour le cheval 👍.

En maintenant l’engagement des postérieurs, sur une encolure basse, le cheval contracte davantage ses abdominaux : il tend sa ligne du dessus et porte plus facilement son cavalier. C’est donc un bon étirement pour apprendre au cheval à remonter son dos tout en musclant ses abdominaux en même temps. Son effet est également relaxant et assouplissant : on l’appelle le stretching.

Mais il y a tout de même un inconvénient : l’équilibre a tendance à basculer sur les épaules et l’on surcharge les membres inférieurs, ce qui n’est pas terrible à long terme.

C’est pourquoi, pour remettre l’équilibre sur les hanches, nous allons relever peu à peu la base de l’encolure, tout en conservant la contraction des abdominaux obtenue précédemment par l’engagement des postérieurs. La nuque est relâchée et devient le point le plus haut c’est ce que l’on appelle avoir un cheval en place. Cette attitude s’obtient sur les chevaux et les cavaliers plus expérimentés et demande beaucoup de travail pour être juste (montée du garrot…).

Relever la base de l’encolure reporte l’équilibre sur l’arrière main mais a tendance a contracter le dos du cheval. C’est pourquoi il est important d’étirer le dos régulièrement après cet exercice, pour libérer les processus épineux.

Vous l’avez compris, l’idéal est de varier les attitudes plus ou moins basses ou relevées ainsi que les différents exercices pour muscler harmonieusement les abdominaux, le dos, et l’encolure de son cheval.

De même on pourra pratiquer différents assouplissements visant à rétablir l’équilibre sur les hanches comme le travail sur 2 pistes ou les transitions par exemple.

Ne pas oublier, un travail varié est la clé d’une bonne musculature !

7) Récupération et étirements

Après le travail, il est important de ne pas oublier la phase de récupération qui consiste entre autres, à retrouver la fréquence cardiaque et respiratoire de repos et à évacuer l’acide lactique accumulée dans le sang. Ceci évitera les vilaines courbatures et pour le plus haut niveau, les lésions musculaires ou blessures. En fonction du type de séance on prévoit une récupération active ou passive.

Récupération active

Directement après un effort soutenu et relativement court, trotter tranquillement renes longues, 5 à 10 minutes, à vitesse réduite en laissant le cheval aller à son propre rythme. Ainsi, l’acide lactique, responsable des courbatures et de la destruction musculaire, sera dégradé par les muscles au lieu d’être stocké dans le sang. Puis passer à la récupération passive.

Récupération passive :

Après un effort d’endurance à faible vitesse ou une séance de faible intensité, marcher au pas rênes longues au moins 5 min.

Pendant la récupération, laissez votre cheval s‘étirer vers le bas car cela lui fait du bien. N’oubliez pas la fameuse pierre à sel, riche en sodium pour aider l’organisme à la récupération musculaire ! En effet, avec la transpiration le cheval libère du sodium, il a donc besoin d’un supplément pour lutter contre l’accumulation d’acide lactique.

Voilà, nous avons fait le tour de ces 7 gestes simples qui vous aideront à préserver le dos de votre cheval. Votre ostéopathe, sera également d’une aide précieuse pour vous conseiller sur les différents assouplissements, massages ou exercices à faire.

Maintenant, c’est à vous d’être attentif à votre partenaire, en observant sa locomotion, son attitude générale et son bien-être. Vous avez d’autres idées ? N’hésitez pas à nous faire part de vos astuces en commentaires 😉

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