Comment quand et pourquoi vermifuger son cheval ? Beaucoup de propriétaires se sont déjà posé la question. Combien de fois par an ? À quelles saisons ? Quelles molécules choisir ? Faut-il opter pour un vermifuge naturel ? Faisons le point dans cet article !

Vermifuger ça sert à quoi ?

Il s’agit d’administrer un produit qui va lutter contre le parasitisme interne, c’est-à-dire évacuer les petites bébêtes indésirables qui vivent dans l’organisme. Comme vous le savez, les pâtures et les aliments ingérés par le cheval sont souvent infectés par des larves. Généralement de futurs vers de taille et d’aspect varié ! Appétissant tout ça ! 🤮 Vous avez encore faim ?
Parmi ces vers on trouve plusieurs familles : des strongles, des ténias, des ascaris, des gastérophyles, des Habronèmes et des oxyures… Le système digestif est prévu pour tolérer un certain nombre de ces parasites mais lorsqu’ils deviennent trop nombreux, on commence à avoir des problèmes.

Pourquoi vermifuger son cheval ?

La gestion du parasitisme interne est très importante car ce dernier peut occasionner des troubles graves (coliques, retard de croissance…) et même entraîner la mort dans les cas les plus extrêmes. En effet, les vers en surnombre peuvent altérer le système digestif et immunitaire. Ils peuvent également endommager les organes. C’est alors qu’en tant que bon propriétaire, on intervient en administrant régulièrement un vermifuge. Objectif : Nettoyer l’organisme de son cheval et préserver sa santé.

Les signes de parasitisme interne

Les signes cliniques sont variables, voici les plus fréquents :

  • Mauvais état général
  • Poil terne et piqué
  • Abdomen gonflé
  • Côtes apparentes, amaigrissement
  • Fatigue
  • Base de la queue abîmée (signe de grattage)
  • Diarrhée
  • Colique
  • Toux récidivante, trouble respiratoire
  • Retard de croissance

Rythme de vermifugation

Quel est le rythme de vermifugation conseillé ? Tout dépend de l’environnement, de l’état physiologique et de l’immunité du cheval. Un jeune dans un parc relativement petit aura beaucoup plus de chances de développer un problème de parasitisme qu’un adulte dans une grande prairie tournante. Surtout s’il vit avec beaucoup de congénères. Le rythme conseillé est de 1 à 4 vermifuges par an en fonction des paramètres ci-dessus.

Si les conditions sont favorables (bonne gestion des pâtures et immunité vis-à-vis des vers), on peut réduire à 2 vermifuges par an en supprimant celui de l’été, voire un seul si l’environnement est adapté et l’individu faible excréteur.

Dans le cas contraire, (jeune, cheval sensible aux vers ou environnement défavorable (sur-pâturage…) il est conseillé de faire un vermifuge supplémentaire (jusqu’à 4 par an). En parallèle, on agira par des mesures de prophylaxie.

Précautions pour vermifuger son cheval

  • Adapter le protocole de vermifugation en fonction de l’âge, de la sensibilité, de l’état (poulinière…) du risque d’exposition…
  • Vermifuger l’ensemble du troupeau / de l’écurie en même temps et avec la même molécule
  • Vermifuger systématiquement un nouvel arrivant
  • Respecter les doses prescrites : une dose insuffisante crée des résistances
  • Bien respecter les conditions de conservation du produit
  • Ramasser les crottins pendant quelques jours après le vermifuge pour protéger la biodiversité
  • Changer de pré 12 à 24h après le vermifuge pour éviter une re-contamination

Effets indésirables des vermifuges

Vermifuger n’est pas un acte anodin contrairement à ce que l’on pourrait penser. Les traitements sont assez agressifs et peuvent occasionner des effets indésirables.

Des résistances

On pourrait se dire qu’il suffit de vermifuger régulièrement pour être tranquille, seulement voilà, ce n’est pas si simple, on observe des cas de résistance à certaines molécules. C’est-à-dire que certains parasites vont muter pour survivre au vermifuge. Pire encore, ces résistances pourraient même se transmettre génétiquement à leur descendance. 😲 Attention à l’attaque des mutants !

Une destruction de la flore intestinale

Les bonnes bactéries qui protègent le système digestif sont elles aussi détruites par le produit (surtout dans le cas d’un vermifuge chimique). Vous savez c’est comme après une cure d’antibiotique, la flore intestinale est perturbée et cela peut occasionner des ballonnements, des douleurs abdominales ou quelques petits désagréments 💨

Intolérance, réaction, allergie

Certains chevaux très infestés peuvent faire des réactions fortes et nécessiter un contrôle vétérinaire. Enfin, c’est quand même rare mais il existe des cas d’intolérance ou d’allergie qui engagent le pronostic vital.

Un impact sur la biodiversité

Pour finir, les vermifuges viennent perturber l’écosystème des prairies en détruisant la biodiversité des sols et notamment certains insectes coprophages, nécessaires à la décomposition des crottins.

Quels vermifuges utiliser pour son cheval ?

Alors quel produit choisir ? Il existe plusieurs façons de vermifuger son cheval. L’utilisation de vermifuge chimique qui est un traitement à base de molécules chimiques, plutôt agressif et relativement efficace sauf cas de résistance. Il a des conséquences néfastes sur l’environnement en perturbant la biodiversité. Le vermifuge naturel, plus doux pour la flore mais pas toujours efficace ou bien toléré.

Les molécules chimiques

Chaque molécule est efficace sur un type de vers : c’est ce qu’on appelle le spectre d’action :


© http://baillyveterinaires.com

Selon l’âge de l’équidé et sa sensibilité on évitera certaines molécules comme la moxidectine pour les poulains âgés de moins de 6 mois.

Le vermifuge naturel

Le vermifuge naturel est une alternative aux produits chimiques, il s’agit d’un traitement à base de plantes ou d’ingrédients naturels qui vise à limiter le développement de parasites… Ce sont des produits ayant des fonctions antiparasitaires ou répulsives comme les huiles essentielles, certains minéraux, des extraits de plantes, des racines etc… Ça a l’air super mais est-ce sans danger et est-ce que ça fonctionne vraiment? 🤔

Modes d’action :

  • Vermifuge : va éliminer les parasites adultes et/ou les larves.
  • Repulsif : va repousser le parasite. Autrement dit, ce dernier ne va pas se sentir à son aise et préférera ne pas s’installer.

Premièrement, bien que naturels et distribués dans le marché, ces produits doivent être utilisés avec précaution car ils peuvent provoquer des effets indésirables plus ou moins graves comme des réactions ou des allergies. Ensuite, on a encore peu de données sur l’efficacité de ces produits, ou sur leur spectre d’action. Par exemple, certains vermifuges naturels vont être efficaces sur les oxyures mais inefficaces sur les ascaris. Si l’on veut utiliser ce type de vermifuge, il est important de respecter les conditions suivantes :

Doses prescrites & mode d’administration

Une trop faible quantité est inefficace, pire elle peut parfois créer des résistances si le produit est distribué de manière continue! À l’inverse, une trop forte quantité peut provoquer une intoxication ou une intolérance. Enfin, évitez de donner le vermifuge pendant la ration ou avec un aliment qui pourrait limiter l’efficacité par exemple.

Conservation

Certains ingrédients comme le thym ne sont plus efficaces une fois séchés ou trop anciens. Veillez à bien respecter les conditions de stockage (à l’abri de l’humidité, de la chaleur…) et à la fraîcheur des produits.

Durée de traitement

Tout comme les vermifuges chimiques, les vermifuges naturels antiparasitaires sont à donner à court terme pour éviter les résistances et doivent être suffisamment dosés pour éviter que les parasites ne s’habituent au traitement.

Les vermifuges répulsifs quand à eux sont à utiliser en prévention et peuvent être donnés sur du plus long terme à condition qu’ils n’aient pas d’effets indésirables. L’ail par exemple est un répulsif naturel qui doit être utilisé à court terme et en faible quantité car le risque d’intoxication est important.

La période

Le vermifuge devra toujours être choisi en fonction de son spectre d’action et de la période. En été, notamment sur des individus peu exposés, on peut utiliser un vermifuge naturel en alternative au chimique.

Bref…

Il peut être judicieux, d’utiliser ce type de traitement en complément ou en remplacement d’un vermifuge chimique. Par exemple, selon le profil de l’équidé, on peut se baser sur deux vermifuges chimiques et un naturel en été. Toutefois, il est conseillé de conserver un chimique en automne. On pourra vérifier l’efficacité du protocole par des contrôles réguliers.

Protocole de vermifugation

On va cibler une molécule ou un ingrédient (dans le cas du vermifuge naturel) en fonction du type de parasite que l’on cherche à détruire et de la période.

Période à risque

  • Grands et petits strongles : Printemps, Été, Automne
  • Strongles pulmonaires : Toute l’année
  • Ascaris : Printemps
  • Oxyures: Toute l’année
  • Habronèmes : Été
  • Ténia : printemps, été et automne
  • Gastérophiles : Été, hiver

Exemple de protocole :

Pour un adulte au pré :

  • Au printemps (avril-mai), on va utiliser de l’Ivermectine, une molécule qui agit sur les Petits et les Grands strongles (adultes)
  • En été, on va viser les Petits strongles adultes et + / – les oxyures avec un vermifuge à base de Pyrantel ou bien choisir un vermifuge naturel.
  • En automne vers le mois de novembre, on va éliminer les Petits strongles (adultes et larves), Grands strongles, ténias, Gastérophiles avec une formule Moxidectine + Praziquantel.

⚠️ Le programme de vermifugation est à adapter en fonction de la sensibilité de votre équidé vis-à-vis des vers, de son état et de ses conditions de vie.
On veillera à bien respecter les doses prescrites, le mode d’administration, le temps de traitement et la durée de conservation des produits.

Vermifugation raisonnée grâce à la coproscopie

Pour les chevaux de plus de 3 ans, on recommande une vermifugation raisonnée. C’est-à-dire que l’on vérifie la présence de vers dans les crottins 💩 grâce à une coproscopie, pour :

  • décider de traiter ou non en fonction du nombre de parasites
  • cibler la bonne molécule en fonction du type de parasite
  • vérifier l’efficacité d’un vermifuge

Attention, la coproscopie doit être réalisée sous certaines conditions pour être fiable, de plus, elle ne permet pas d’identifier la présence de tous les parasites. Elle n’est pas pertinente pour les ténias, les larves, les gastérophiles et les oxyures. C’est pourquoi, le vermifuge chimique d’automne doit être fait systématiquement pour tous les chevaux.

© Ifce

Mesures de prophylaxie et préventives

  • Faire des analyses régulières (Analyse de crottins, test de salive pour les ténias…)
  • Éviter le sur-pâturage, adopter la gestion de prairies tournantes
  • Ramasser les crottins régulièrement
  • Vermifuger les nouveaux arrivants
  • Renforcer la flore intestinale par des cures
  • Faire un drainage au moins 2 semaines après l’administration du vermifuge pour éliminer les toxines sans éliminer l’efficacité.

Pour conclure, vermifuger est un mal nécessaire… Le programme de vermifugation est à adapter en fonction de votre équidé et certaines précautions sont nécessaires. Sachez que la meilleure solution pour lutter contre le parasitisme interne est d’adapter l’environnement.

J’espère que cet article vous aidera à y voir plus clair pour une vermifugation efficace tout en évitant les effets indésirables. Et vous quel est votre protocole ? Préférez-vous le vermifuge naturel au chimique ?

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